Aboriginal Australia : connaître l’Histoire

Mon intérêt pour la culture ainsi que l’Histoire des Aborigènes a certainement du naître en juin 2017, lorsque je suis arrivée à Alice Springs. En effet, pour la première fois depuis sept mois, j’ai eu l’impression fort agréable d’être en terres Aborigènes.

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Voici quelques éléments historiques et sociétaux qui peuvent vous éclairer si vous souhaitez découvrir ou approfondir vos connaissances au sujet de la plus ancienne civilisation du monde.

Grâce au travail de fourmi de Norman B. Tindale, on sait qu’il existait plus de deux cents communautés Aborigènes différentes, au moment de l’invasion des Européens. Environ deux cent cinquante exactement, avec autant de langues différentes. En 1974 et après cinquante ans de recherches, Norman B. Tindale publie cette carte :

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South Australia Museum – Adelaide

Cette dernière est essentielle pour comprendre l’histoire de la colonisation car, en effet, lors de l’invasion Européenne, l’Australie fut considérée comme « terra nullius » en 1770  ; autrement dit, « terre sans maître » en latin … Dès lors, comment oser dire que « James Cook a découvert l’Australie » lorsque l’on sait que 750 000 individus autochtones peuplaient l’île en 1788 ?

Pour comprendre le drame de la colonisation, je cite Nuri Garimara (a.k.a Doris Pilkington) qui écrit dans Follow the rabbit-proof fence :

« Numbers, dates, in fact mathematics of any kind, have little or no relevance in our traditional Aboriginal society. Nature was their social calendar, everything was measured by events and incidents affected by seasonal changes »

« Les chiffres, les dates, en fait les mathématiques en tous genre n’ont peu ou pas d’importance dans nos sociétés Aborigènes traditionnelles. La Nature était leur calendrier, tout était mesuré et considéré par les événements touchés par les changements saisonniers »

S’il n’y avait qu’une chose à retenir c’est, à mes yeux, ceci. La société australienne actuelle prône des valeurs à l’exact opposé de celles portées par les Aborigènes depuis 400 000 ans. La propriété privé, les biens, le matérialisme et le capitalisme ainsi que la société de consommation viennent se heurter à l’itinérance de ces communautés, leur respect infini de la Nature, leur absence d’intérêt pour ce qui se vend, s’achète et leur vie en collectivité.

Ajoutez à cela les violences des envahissements et le génocide humain et culturel qui s’en ait suivi … Aujourd’hui en 2018, les Aborigènes souffrent toujours de discrimination à l’embauche, d’un puissant racisme quotidien, d’une inégalité d’accès aux soins et à l’éducation. Il existe notamment un écart d’espérance de vie entre Blancs et Aborigènes de 11,5 années chez les hommes et 9,7 années pour les femmes (source – chiffres de 2011).

Je ne sais comment est abordée la question de la colonisation à l’école en Australie aujourd’hui ; néanmoins, j’ai été profondément choquée par les propos racistes que j’ai souvent entendu … Alors que du côté des Aborigènes, je n’ai entendu que des discours dignes et pudiques, jamais de racisme (le fameux mythe du racisme anti blancs …) mais plutôt de la tolérance et de la retenue. Ceux avec qui j’ai pu discuter m’ont confié vouloir vivre tranquillement sur la terre de leurs ancêtres, sans embêter personne et sans qu’on ne les embête. Rien de plus. D’autres encore espéraient voir les aides alimentaires maintenues mais les pensions financières coupées, pour essayer d’endiguer le fléau de l’alcoolisme.

De mes premières rencontres avec les Aborigènes, je me souviens de Lloyd. Mélissa et moi étions assises dans un parc à Alice Springs, par terre (n’ayant trouvé aucune table avec de la lumière à notre disposition !) en début de soirée. Notre réchaud était posé sur la pelouse et, gelées, nous attendions que l’eau chauffe pour nos nouilles instantanées … Lloyd arriva, mi amusé mi interloqué de nous voir ainsi :

– Where are you from sisters ?

Sûr que nous n’étions pas du pays pour dîner de la sorte ! Après avoir répondu et échangé des banalités, Lloyd nous dit qu’il venait pour sa part d’Uluru. Nous avons discuté quelques instants et avant de partir, Lloyd nous lança :

-God bless you girls, see ya

C’était donc ça dont tout le monde m’avait mis en garde ? Les Aborigènes qui font tant peur parce qu’ils souhaitent simplement vous parler ? La grande délinquance d’Alice Springs ?!

Sur ce, je vous invite chaudement à partir à la découverte de ce pays et de le considérer du point de vue de ces premiers habitants, mes plus belles rencontres à ce jour …

Ressources pour aller plus loin

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