Bilan 2018 : petites et grosses galères, heureux imprévus

2018 aura été une année chaotique et pleine de rebondissements. Moi qui ai l’habitude d’être organisée, j’ai découvert cette année l’imprévu et les surprises, avec de grosses galères mais aussi de beaux moments. De l’inattendu et beaucoup d’improvisation. J’ai quitté l’Asie pour rentrer en France puis je suis repartie en Australie, pour vivre des expériences que je n’avais pas connu durant mon premier Working Holiday Visa. J’y ai conjugué des voyages entre amis, en famille, en solo et même (grande première !) en couple.

  • Janvier : Vientiane-Paris, au revoir l’Asie

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Away we Roam + Belle est la Route

Après avoir fait un réveillon entre amis à Luang Prabang, je me souviens encore de ce trajet du 1er Janvier 2018, en bus et sous le brouillard, à travers la montagne Laotienne. Légèrement stressant, au vu des innombrables lacets dessinés à flanc de côte et peu agréable, comme lorsqu’on a légèrement abusé du gin tonic la veille …

En ce mois de Janvier, je dis au revoir à l’Asie que j’avais rencontré pour la première fois deux mois plus tôt. Mes amis partent pour le Vietnam. Je profite alors d’un dernier coucher de soleil en solo, devant le Mékong, pour me remémorer ces 8 semaines de bons souvenirs en leur compagnie.

Dans la salle d’embarquement, à Vientiane, je manque littéralement (et volontairement) de ne pas monter dans l’avion qui me ramène en France. Comment revenir dans un pays que l’on a quitté 12 mois plus tôt ? Qui de vos ami.e.s retrouvez-vous ? Et comment ? Comment géré la sédentarité, même temporaire, lorsque vous avez pris goût au nomadisme sur le long terme ? Quid de la cohabitation avec ses parents lorsque l’on a quitté le nid depuis des années ? Dans quelles mesures rentre t-on lorsque l’on sait que l’on va repartir, de toute façon ? C’est avec ces questions en tête que j’ai quitté le Laos, le cœur tellement lourd et triste, malgré l’excitation du retour.

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Kuang Si waterfalls – Laos

Après avoir fait la surprise de mon retour à mes proches, je savoure les retrouvailles. Famille, ami.e.s et petits plaisir français retrouvés. Je retrouve un Paris petit, froid et pluvieux mais tout de même tellement beau. Je me balade dans la campagne glaciale de Picardie, le long de la Marne chez mes parents, et autour du canal de l’Ourcq chez moi. Nature et wildlife ont changé, je me sens à la fois chez moi et en même temps tellement étrangère à ce décor et ces codes que je n’ai plu.

  • Février : retour à Paris et sédentarité subie

Après les quinze heureux premiers jours du retour, je dois impérativement retrouver du travail. Pour me faire à cette idée qui ne m’emballe pas, je fais la demande de mon second visa pour l’Australie dans la foulée. Et j’attends. Pour m’en sortir et financer cette prochaine année, je cumule trois jobs et réintègre mon appartement, que j’avais sous-loué. Je parcours Paris en long en large et en travers. Pour économiser sur le prix des transports, certes, mais aussi parce que déambuler dans ces rues pavés et humides m’avaient trop manqué.

J’essaye de profiter de tout et de tout le monde car je sais que je vais repartir. Mais difficile de retrouver des amitiés lorsque vous avez été l’absente. Celle qui n’a pas pu venir aux soirées, celle qui a loupé les naissances et les mariages. Celle qui est partie depuis longtemps … On me dit même parfois que c’était plus simple de communiquer avec moi via les réseaux sociaux, lorsque j’étais loin. Ou qu’il ne faut pas en vouloir à certain.e.s d’être distant.e.s car « rien ne sert de s’attacher » vu que je vais repartir. Ces rendez-vous manqués me déçoivent et me font beaucoup de peine. Alors je travaille comme une acharnée pour pouvoir payer mon billet d’avion. J’ai le besoin de repartir, et vite.

  • Mars : déménagement et faux départ

Deuxième mois en France et, déjà, l’heure de dire au revoir. A peine après avoir fêté les retrouvailles, que des soirées de départ s’organisent. Je m’occupe de mon déménagement et crée un petit cocon chez mes parents. J’ai l’impression de passer ma vie dans les cartons et à faire les allers-retours. Je reçois, comme un sésame, mon second WHV validé. Ce jour-là, il neige à Paris et emmitouflé sous mon écharpe, j’ai bien du mal à me projeter à nouveau sous ces latitudes.

Après avoir eu la grande surprise de gagner un voyage au Vietnam, quelques mois plus tôt (lors d’un concours organisé par Tangka Voyages, grâce à ça) ; je me lance dans les préparatifs. Le voyage est déjà organisé mais je m’arrange pour rester plus longtemps sur place, afin de voyager plus librement. Connaissez-vous le comble pour une voyageuse solo ? De gagner un voyage pour deux ! J’ai beau proposer autour de moi, je ne trouve pas de binôme … Tanpis !

D’autre part, j’organise également la venue de ma mère en Australie, qui va me rejoindre, ma sœur, mon beau-frère et moi pour un road trip de Sydney à Cairns. C’est la première fois qu’elle va voyager seule et si loin, en immersion complète dans notre mode de vie de backpackers, bien que nous ayons déjà fait des road trip en famille (au Canada).

Après avoir rêvé de ce voyage au Vietnam, l’agence Tangka m’apprends que je serais en surbooking sur le vol, étant donné qu’il s’agit d’un gain. Je suis donc dans l’incapacité de connaître ma réelle date de départ … Sans autre choix, je book donc un billet d’avion Hô Chi Minh Ville-Sydney et j’attends. Encore.

Avec un grand sourire, je remercie mes divers employeurs et m’en vais pour de bon. Je quitte mes jobs 48h avant ma date de départ hypothétique. Alors que j’avais passé presque 1 an à me préparer pour ma première année de WHV, je réalise à quel point je suis désormais prête à partir complètement on the spot !

Après d’innombrables changement de programme et coups de téléphone au directeur, l’agence Tangka m’annonce, la veille, que le vol que je devais prendre pour Hanoï est complet et qu’il me faut repousser ce voyage au mois d’Avril … Ce cadeau empoisonné est  le premier plan avorté de l’année. Ironie du sort, je n’ai d’autres choix que de voyager avec Vietnam Airlines malgré tout, pour rejoindre Hô Chi Minh. Des 15 jours de visites qui avaient été prévu, je ne verrais que l’aéroport pendant de longues heures d’attente …

  • Avril : retrouvailles en famille en Australie

3 jours de voyage interminable plus tard, à dormir sur les banquettes inconfortables et la moquette des aéroports, j’arrive enfin à Sydney. J’y retrouve ma voiture, ma mère et ma sœur : je suis comblée ! C’est parti pour 5000km de road trip en famille, le long des belles plages Australiennes de la East Coast.

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A Nambucca Heads, je m’arrête dans un garage pour un changement de pièce sur la voiture. C’est la première fois que je ne fais pas un entretien moi-même sur mon véhicule. Et croyez-le ou non, ce garagiste casse ma voiture et m’annonce que désormais, elle ne pourra plus rouler … Mon 4×4, que j’ai acheté, aménagé, avec qui j’ai roulé dans le désert et qui nous sert de chambre à mère et moi est tout simplement out … Nous nous faisons tracter par la voiture de ma sœur en pleine nuit, pour pouvoir dormir une dernière fois sur un parking et réfléchir à la suite des événements. Ma mère devant reprendre son avion à Cairns et ayant déjà perdu plusieurs jours à attendre ici, je décide d’abandonner mon véhicule, la mort dans l’âme …

Je récupère mon matelas, mes affaires de camping et nous nous entassons à 4 dans le 4×4 de ma sœur, direction Brisbane. Nous louons une voiture et continuons le trip, encore plus « à l’arrache » que jamais.

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Nambucca Heads

Malgré cela, nous profitons comme il se doit de ce road trip qui s’achève sous les Tropiques, à Cairns. Nuits dans la voiture, manque de confort et d’hygiène, galères mécaniques, nouilles et pâtes au pesto, Help Exchange : ma mère aura tout vécu, comme nous ! Bravo Maman 😉

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Life under the tropics – Cairns

Les au revoir à l’aéroport sont, comme toujours, déchirants. Ma mère rentre seule en France et je quitte ma sœur, direction Brisbane.

  • Mai : une nouvelle vie à Brisbane

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Après avoir rendu la voiture de location, je me retrouve piéton, sans domicile et avec 3 dollars sur mon compte en banque … Je trouve un work for accomodation dans une auberge de jeunesse, dans l’attente de trouver du travail.

Je découvre ce mode de vie que je n’ai absolument pas connu lors de ma première année, car ayant vécu dans mon véhicule. La vie en collectivité H24, le manque d’intimité mais aussi les soirées et les belles rencontres. Chose que je pensais peu probable vu mon niveau de sociabilité, je me fais même des ami.e.s. ! Français.es, Écossais, Chilienne : je découvre les discussions interminables, les soirées bien (trop ?) arrosées, les amitiés, les drama, les amours. En sommes les up and down de la vie avec cette nouvelle team.

  • Juin : work work work

Un bon mois s’écoule avant que je ne trouve plusieurs jobs. Je quitte donc le work for accomodation et m’installe dans l’auberge d’à côté. Je donne des cours de Français, je suis babysitter quelques jours par semaine et éducatrice à mi temps dans une école bilingue. Je découvre également le job de rédactrice freelance pour l’Australie – Le Guide des Backpackers.

Je profite d’être idéalement situé dans le Queensland pour faire une excursion (pour la troisième fois !) à Noosa, avec mes ami.e.s de l’auberge. Je redécouvre la notion de week-end, que j’avais totalement oublié. Je profite aussi d’avoir retrouvé un mode de vie stable : du confort, de l’argent qui rentre et la possibilité d’en profiter.

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Noosa Heads National Park – Queensland, Australia
  • Juillet & Août : « until we meet again« 

La vie suit son cours, je travaille dur presque 6 jours sur 7 tout en prenant l’air lors de diverses excursions avec l’hostel family.

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Mount Coot Tha, Brisbane

Celui que j’ai rencontré quitte la ville, pour un road trip en solo dans l’outback (fort ressemblant à ça !). On se dit au revoir, sans trop savoir où et quand on se reverra. Plus les semaines passent, plus il m’est difficile de gérer le ballets des arrivés et départs incessants.

Les plans s’organisent, se font et se défont tandis que je me sens ancrée à Brisbane. La vie citadine et sédentaire m’étouffe, je compte alors telle une prisonnière les jours qui me séparent du départ.

  • Septembre :

Je reste en contact avec celui que j’ai rencontré et nous décidons, un peu sur un coup de tête, de booker nos places pour le ferry qui nous emmènera en Tasmanie, deux mois plus tard.

La vie en collectivité me pèse de plus en plus et après un projet de colocation avorté avec des amis, je déménage une troisième fois en quatre mois pour m’installer dans un HelpX. Dans le même temps, je délaisse à grand regret mon job de rédactrice freelance, par manque de temps.

Je retrouve ma sœur et mon beau-frère, avant qu’ils ne s’envolent pour la Nouvelle-Calédonie. L’Australie, c’est fini pour eux !

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Nous en profitons pour cumuler escapades et sorties lors de mes week end : Stradboke Island, Surfer Paradise, Springbrook National Park. Une vraie bouffée d’air frais que d’être réunis à nouveau !

 

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Stradbroke Island 
  • Octobre : 27ème anniversaire

Le grand départ approche et j’ai beaucoup de mal à tenir en place. Aussi, le jour où je donne ma démission à l’école, je book mes premières vacances depuis des mois et rejoins mon amoureux à Cairns. Cette petite semaine me fait un bien fou et me donne un avant goût de la reprise du road trip.

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Je passe mon troisième anniversaire à l’étranger à Byron Bay. Je m’offre un week-end en solo de détente. Au programme : randonnée, plage, petits plaisirs culinaires, détente. Le seul fait de reconduire un 4×4 (loué) et de prendre la route me remplit de joie.

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Cape Byron, Byron Bay
  • Novembre : on the road again

Bientôt 7 mois se sont écoulés depuis mon arrivée dans cette ville et après avoir vu tout le monde partir, c’est enfin mon tour. Je suis surexcitée à l’idée de reprendre la route. J’ai même comme l’impression que mon second WHV démarre réellement, tant le road trip me semble le meilleur moyen de voyager dans ce pays. Quel bonheur de refaire son sac et de dire au revoir pour de bon à cette ville !

Je quitte tout de même mes deux jobs principaux avec un petit pincement au cœur. Bien que je ne laisse rien ni personne dans cette ville, j’y laisse clairement un petit bout de moi.

Je loue une toute petite voiture pour une semaine de randonnée en solo dans les parcs nationaux du Queensland et du New South Wales. Ces longues heures de marche à travers les montagnes et la rainforest, en tête à tête avec moi-même, me font le plus grand bien après 7 mois de vie en grande colocation.

  • Décembre : la Tasmanie à deux
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Cradle Mountain

Ce dernier mois de l’année commence extrêmement bien puisqu’il débute par le road trip tant attendu en Tasmanie ! Au programme : nature, randonnée, free camp et découverte du voyage à 2.

Je passe mon quatrième Noël à l’étranger et mon premier en tête-à-tête, dans la charmante ville de Burnie.

Sans conteste, la Tasmanie est mon coup de cœur de 2018. Avec ses lacs, ses montagnes, ses plages, ses routes qui s’étirent dans le wilderness, sa faune et sa flore : la Tasmanie m’a donné la très agréable impression de changer de pays. Et après bientôt 2 ans sur l’île continent, j’en avais grand besoin.

 


 

Un de mes objectifs 2018 était de me lancer dans le mode de vie nomade … Force est de constater que je ne devais pas être prête, après presque 7 mois passés au même endroit ! Un autre était de m’essayer au travail en freelance. Ce dernier a été en revanche atteint.

Cette année a été riche en changements de programme, avec une grande part d’improvisation. Je n’avais prévu ni de me faire des ami.e.s et encore moins de tomber amoureuse. Ces rencontres ont été la bonne surprise de ce second WHV.

Néanmoins, je sens qu’après plus de 2 ans sur la route, je commence à fatiguer. Après avoir enchaîné les boulots et les road trip, j’ai hâte de clore comme il se doit cette parenthèse de 24 mois down under.

2019 s’annonce ainsi incertaine mais sereine. L’année écoulée m’aura clairement appris que l’on peut rebondir, peu importe les imprévus. Après l’Australie, je m’envolerais pour une destination qui me fait de l’œil depuis de nombreux mois déjà … J’ai hâte de vous faire partager tout ça.

Et ensuite ? Je n’en sais absolument rien pour le moment … On verra 🙂

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7 réflexions sur “Bilan 2018 : petites et grosses galères, heureux imprévus

  1. Quelle année !! Ne sachant jamais vraiment quelle est la date du jour, c’est en te lisant que je me rends compte de tout ce que tu as vécu ces 12 derniers mois 😉 2018 fut riche en émotions mais comme tu l´as dit, tu as toujours su rebondir comme il se doit 👍🏼 Hâte de te retrouver en 2019 pour d’autres aventures en tout cas 😘

    Aimé par 1 personne

  2. Hakem

    Que c’est bien écrit!!!En te lisant j’ai l’impression que j’ai loupé des trucs que j’aurai du être plus à ton écoute etc…tu à vraiment vecu des choses des situations pas sympas etc……je culpabilise !!!Voyager seule n’est pas de tout repos!Nul doute que tu en a tiré pleins d’enseignements et que cela te portera pour tes voyages à venir.
    En tout cas toi, Melissa et Gueno je vous souhaite de garder cette curiosité cette envie d’apprendre des autres etc…gardez toujours vos yeux et vos oreilles en action!!!!

    Aimé par 1 personne

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