Comment je finance 3 ans de voyage ?

La question, classique, est revenue plusieurs fois : comment financer ses envies ? D’où vient l’argent dont je dispose depuis bientôt 3 ans ? Suis-je rentière ?! J’aimerais vous dire que oui mais si vous suivez le blog et ma manière de voyager … Vous vous doutez bien que non, haha ! Alors comment combiner rêves de voyages, voyages de rêves et petit budget ?

Dans cet article je vous explique tout, sans tabou : de l’argent que j’ai épargné à celui que j’ai gagné en voyage ! Je vous parle des avantages du WHV, de la possibilité de travailler en tant que digital nomad et des bons plans (HelpX & house sitting) pour voyager sans dépenser. Tout ceci étant testé et approuvé, principalement en France, en Asie et en Océanie.

 


 

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Uluru, Northern Territory – Australia, 2017
  • Définir son projet pour connaître son budget

Tout d’abord, il est important d’organiser son voyage ou sa transition vers le nomadisme en étant pragmatique. Quels sont vos objectifs ? Quelle est votre manière de voyager (backpacking, hôtel, seul.e ou à plusieurs) et sur quoi pensez-vous être flexible (le confort, les loisirs, les transports) ? Pour combien de temps partez-vous ? Avez-vous la possibilité de travailler sur place ? Votre budget ne sera pas le même si vous partez en couple pour un road trip d’un mois ou bien en solo sur du long terme.

Le site Nomad List recense de très nombreuses villes à travers le monde en vous donnant un aperçu de la vie sur place. Coût d’un logement par mois, qualité des hôpitaux, qualité de vie, météo, prix d’une conso mais aussi sécurité en tant que LGBTQI+ sont autant de critères qui apparaissent, pour vous aider à cibler une destination, en toute connaissance de cause. J’ajouterais que j’ai l’impression que les prix sont parfois un peu à la hausse comparé à la réalité mais ça vous permettra, du coup, d’avoir une marge de manœuvre.

J’aimerais également vous dire d’accorder vos finances en fonction de la destination retenue. Mais … Je serais bien mal placée pour ce genre de conseil ! J’ai en effet voyagé dans des pays riches et chers (Australie, Polynésie Française) avec un budget de nomade fauchée ! Tout est possible donc, si c’est vraiment ce que vous souhaitez !

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L’Ile aux récifs, Rangiroa – Polynésie Française 2019
  • 1, 2, 3 : économiser !

Les économies justement, sont bien souvent la partie délicate. Oui, il est difficile de refuser des verres avec ses potes, de dire non à des dates au restau, de se trimbaler les mêmes vieilles fringues depuis le lycée ; bref, de consommer différemment que ce que nous montre la société capitaliste dans laquelle nous vivons. J’avais un boulot en CDI payé correctement, un loyer peu cher sur Paris, des loisirs non exorbitants et pourtant, j’ai eu le sentiment d’avoir du mal à économiser.

Ainsi, votre futur budget n’aura de limite que votre créativité pour mener à bien votre projet : devez-vous prendre un second job ? Sous-louer votre logement et retourner vivre chez vos parents ? Vendre l’intégralité de votre dressing ? Stopper votre carte de transports et prendre un vélo ? Arrêtez les repas à l’extérieur ?

Lorsque je suis partie vivre à Montréal en 2011 (my godness il y a si longtemps déjà ?!), j’y étais dans le cadre d’un stage, avec donc l’impossibilité de travailler sur place. Pour mettre à bien ce projet, j’ai donc du travailler en amont. De mémoire (et oui, je ne faisais pas encore mes comptes à l’époque !) je suis partie avec 3000€ pour plusieurs mois à me faire plaisir sur place, en visitant et en vivant en colocation. J’habitais chez mes parents à l’époque donc n’avait ni charge ni loyer. Pour cela, j’ai tout simplement travaillé à chaque vacances scolaires, des mois auparavant. J’ai été surprise de tenir 3 mois avec cette somme, en ayant visité Montréal, Québec, Ottawa et même New York ! Avec le recul pourtant, cette somme me semble laaargement confortable !

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Montmorency Falls – Québec, Canada – 2011

Je n’ai pas de solution miracle à vous proposer, si ce n’est de réduire vos dépenses par tous les moyens. Pour cela, il peut-être bien utile de calculer son reste à vivre (la somme dont vous disposez une fois vos charges fixes mensuelles ôtées) afin d’avoir une idée de l’argent dont vous disposez, par jour ou par semaine. Cela peut ainsi être réellement motivant de ‘voir’ l’argent qui sera épargné. J’ajoute aussi que faire ses comptes me semble être la base (control freak des finances bonjour) pour économiser et surtout pour voir son budget fructifier.

Lorsque que j’étais à Brisbane en période économie, j’avais carrément établi un tableau prévisionnel de l’argent que j’allais toucher, afin de barrer les jours les uns après les autres avant mon objectif ultime : reprendre la route !! Control freak, je vous avais prévenu !! Peu importe ce que vous choisissez, mais motivez-vous et récompensez-vous ! Votre voyage de rêve à la clée !

Il faut bien avoir en tête que le Canada, l’Australie ou encore l’Argentine sont par exemple des pays où le niveau de vie est assez élevé. Contrairement aux pays d’Asie du Sud-Est par exemple ou encore certains pays d’Europe. Heureusement pour vous et pour moi, ami.es fauché.es, il existe des PVT (Programme Vacances Travail / Working Holiday Visa) pour pouvoir travailler dans ces pays notamment. Le financement in situ peut donc être un très bon moyen de monnayer ses envies !

  • Travailler sur place : les avantages du Working Holiday Visa et du nomadisme digital

J’ai pour ma part débarqué en Australie en 2016 avec environ 400€ en poche, au lieu des 5000$ requis … Comme quoi, encore une fois, tout est possible ! En effet, les 3000€ que j’avais difficilement économisé durant mon année de préparation m’ont en fait servi à payer mes dettes (électroménager à crédit et permis de conduire) ainsi que mes impôts durant les premiers mois de mon expatriation … On adore ! Et ça, je n’y avais pas du tout pensé …

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Farm work (no)style

Deux farm work (soit environ 3 mois de boulot) m’ont permis d’acheter mon véhicule, de l’aménager moi-même et d’avoir un budget pour le road trip. Consciente d’être légèrement « sans filet » et me doutant qu’il serait difficile de vivre d’amour et d’eau fraîche uniquement, j’ai choisi la solution la plus économique. En effet, vivre et dormir dans son véhicule vous permettent de faire des économies considérables, tout en étant indépendant et illimité d’un point de vue kilométrique dans votre exploration du pays.

Ça tombe bien, c’est mon type de voyage préféré !

 

 

J’ai dépensé 1700$ pour ce road trip de 2 mois, en m’arrêtant une fois sur la route pour boucler mes jours de ferme.

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Aussie road trip, through the desert – 2017

Etant de nouveau à sec, j’ai de nouveau fait une pause, à Darwin cette fois-ci pour renflouer les comptes pendant environ 2 mois. A cette période, je dépensais environ 10$ par jour.

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Un matelas dans un coffre et je suis la plus heureuse du monde !

 

J’ai de nouveau pris la route ensuite pour effectuer un dernier road trip d’environ 5000 km.

 

Deux mois de boulots merdiques en tous genres m’ont donc permis de financer un road trip assez long ainsi que deux mois de vacances en Asie (Cambodge & Laos) entre amis.

 

 

Je suis rapidement rentrée en France et devinez quoi ?! J’étais de nouveau fauchée, quelle surprise ! Après 1 mois et demi de cumul de 3 jobs, je suis repartie avec juste assez pour un dernier road trip avec ma Maman. Malheureusement, la perte de mon 4×4 m’a complètement fait revoir mes plans et c’est pourquoi j’ai atterris à Brisbane pour 6 mois.

Je suis bien loin d’être une experte en la matière mais j’ai tout de même eu l’occasion d’être rédactrice freelance pendant quelques mois. J’ai eu le sentiment que se lancer dans l’auto entrepreneuriat depuis l’Australie était peu réalisable : complexité des démarches, obligation de présence aux rendez-vous, etc. Néanmoins, si vous définissez votre projet en amont (être tutor en ligne, rédacteur.trice, community manager, traducteur.trice) votre activité online peut tout à fait être vecteur de revenus. Je vous renvois vers la spécialiste du sujet à mes yeux, Nastasya de Valiz Storiz qui a quantité de conseils pour combiner voyage et freelance.

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Bayon temple – Cambodia, 2017

En cumulant 4 jobs pendant 6 mois à Brisbane, en vivant principalement en auberge de jeunesse mais aussi en HelpX, j’ai ainsi pu économiser 10 000$. Aujourd’hui, soit 8 mois après, c’est toujours grâce à cette somme que je vis et qui m’a permis de financer les road trip/voyages suivant : Tasmanie (seul road trip où j’ai divisé les frais), Nouvelle-Zélande, Polynésie, Vietnam, Thaïlande.

  • HelpX et house sitting pour voyager sans dépenser

Afin d’économiser sur les postes de dépenses principaux (hébergement et alimentation), je suis bien évidemment arrivée en Australie en testant le Help Exchange. Après deux expériences globalement positives, j’ai renouvelé l’expérience au Cambodge ainsi qu’en Polynésie (à Rangiroa). HelpX, Wwoofing et Workaway sont vraiment de très bons moyens de vivre des expériences enrichissantes, de rencontrer de nouvelles personnes tout en dépensant peu voir rien.

Je vous renvoi vers l’article que j’ai consacré au house sitting, que j’utilise régulièrement depuis 2016 pour m’offrir de petites bulles de sédentarité dans cette vie de nomade.

  • Le mode de vie du backpacker : pour tenir sur la durée

Plus qu’une longue liste de conseils, du plus évident au plus technique, j’ai l’impression qu’être nomade sur une longue durée vous met naturellement dans un saving money mood.

En effet, dénicher les meilleures promo au supermarché, utiliser vos pieds ou le stop pour vous déplacer, dormir dans votre véhicule ou eu auberge de jeunesse, découvrir les marchés, passer votre vie à TOUT comparer feront parti de votre quotidien.

Il me semble important de rappeler qu’il existe toujours des solutions alternatives. Evidemment, on vous vendra toujours un avion, un tour guide, un ticket combiné, le restau du coin, pour vous dire que c’est ce qui se fait. Soit. Mais tout le monde ne voyage pas de la même façon ! Faire les choses par soi-même permet bien souvent de diviser les frais par 2.

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Faire TOUT soi-même : même la vidange, oui ! Alice Springs, Australia – 2017

Si vous ne faites pas de recherches approfondies par exemple, on vous dira que vous devez payer un pass avion inter îles pour visiter les différentes îles de Polynésie. Or, ce dernier coûte un rein, comme on pourrait s’en douter. Il existe cependant des cargos et autres ferry qui proposent ces mêmes trajets, à des prix défiant toutes concurrences ! Bien sûr, il faut avoir du temps (car les liaisons ne sont pas toujours régulières), bien sûr le confort n’est pas le même ; bien sûr il faut être flexible : mais c’est possible !

Le couchsurfing, le stop, les sites internet de réduction pour des activités ou des restaurants tels que (Groupon ou Bookme), les applications contre le gaspillage alimentaire (Too Good To Go en France, Y Waste en Australie), les enseignes de vêtements  et accessoires de seconde main, la relocation de véhicule, le dumpster diving sont autant d’outils à votre disposition pour moins dépenser. Il ne tient qu’à vous de vous en saisir !


Désormais, cette philosophie de voyage fait clairement partie de mon quotidien. 3 années avec mon sac à dos pour seul compagnon de route m’ont fait adorer le minimalisme, même si je suis encore bien loin du niveau de certain.e ! Moins je possède et mieux je me porte. Et donc, moins je dépense !

Je ne vous dirais pas que l’argent ne fait pas le bonheur, non. J’imagine que cela facilite beaucoup de chose quand on en a. Mais plutôt que depuis 2016, je n’ai jamais été aussi « pauvre » et sans filet (je n’ai pas d’euros ou de dollars qui m’attendent au chaud quelque part sur un compte en Suisse !) et malgré tout, j’ai réussi à financer seule mes rêves de voyages. Oui, vivre et voyager dans des pays chers n’a rien de simple et la privation est souvent au rendez-vous. Mais c’est possible et ça vaut le coup !

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Lucky Bay – South Australia, 2018

Il y a autant d’astuces économies que de voyageurs ! Alors n’hésitez surtout pas à partager vos bons plans et autre combines dans les commentaires : j’ai hâte de découvrir ce qui vous permet de dépenser moins pour voyager plus !

  • Pour aller plus loin
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Volontariat à OrganiKH Farm – Svay Chek, Cambodge – 2017

Les mouvements tels que le minimalisme, le slow travel ou encore le 0 déchet me semblent tout à fait liés aux problématiques des voyageurs/nomades.

En effet, plus on voyage, plus on se souci de son empreinte carbone. Si ce n’est pas le cas, inquiétez-vous sérieusement …

En souhaitant notamment remplacer l’avion par une solution plus écologique, on se tournera vers des solutions plus économiques. En voulant alléger son sac à dos, on réfléchira beaucoup plus à la durée de vie de ses vêtements, tout en réfléchissant à sa consommation. Idem pour sa trousse de toilette : bicarbonate de soude, œufs, vinaigre de cidre, huile de coco, aloé véra sont des indispensables, plus respectueux de notre environnement et à tout petits prix.

8 réflexions sur “Comment je finance 3 ans de voyage ?

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